ARTICLE
17 novembre 2023
Auteur : Philippe Lauret
[Article actualisé le 15 avril 2026]
Le bilan GES ou Bilan Carbone®, un outil au service de la stratégie des entreprises
Climat : pourquoi est-il urgent d’agir ?
Le 6ème rapport du GIEC
Entre 2021 et 2022, le GIEC1 (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) publiait son 6ème rapport d’évaluation sur la situation du climat, composé des 3 volets suivants :
- Volet 1, intitulé « Changement climatique 2021 : les éléments scientifiques » présentant les constats scientifiques (août 2021) ;
- Volet 2, intitulé « Changement climatique 2022 : impacts, adaptation et vulnérabilité » analysant les impacts du changement climatique sur les sociétés et les écosystèmes, ainsi que les stratégies d’adaptation envisageables (février 2022);
- Volet 3, intitulé « Changement climatique 2022 : atténuation du changement climatique » identifiant les pistes de solutions pour lutter contre les causes du réchauffement climatique (avril 2022).
Il délivrait les messages suivants :
- Une action urgente est nécessaire pour faire face aux risques climatiques2 croissants ;
- La sauvegarde et le renforcement de la nature sont essentiels pour garantir un avenir vivable ;
- Les villes sont les points chauds de l'impact et des risques, mais elles constituent également un élément crucial de la solution ;
- La marge d'action se rétrécit.
Ses conclusions étaient claires et sonnaient comme un nouveau cri d’alarme : "Les preuves scientifiques cumulées sont sans équivoque : le changement climatique est une menace pour le bien-être humain et la santé de la planète. Tout nouveau retard dans l'action mondiale concertée et anticipée en matière d'adaptation3 et d'atténuation4 manquera une brève occasion, qui se referme rapidement, de garantir un avenir vivable et durable pour tous".
La situation actuelle et l’origine du réchauffement climatique
La température moyenne à la surface de la planète5 a d’ores et déjà augmenté de plus de 1,1°C par rapport à la période préindustrielle (1850) et la vitesse de réchauffement s’accélère. Selon les données collectées par Copernicus (programme européen d’observation de la Terre), les années 2023, 2024 et 2025 sont les plus chaudes jamais enregistrées.
Au-delà du constat concernant la transformation du climat planétaire, il faut retenir qu’il y a un consensus scientifique sur la cause de ce réchauffement climatique et sur son origine. La cause est l’accroissement de l’effet de serre6. Son origine est anthropique7, c’est-à-dire qu’elle résulte directement des activités humaines.
L’accroissement de l’effet de serre est dû à une évolution rapide depuis 150 ans, et qui tend à s’accélérer, de la composition gazeuse de l’atmosphère terrestre, sous l’effet des activités humaines.
Le gaz qui est le principal contributeur au réchauffement climatique observé est le dioxyde de carbone (CO2). Il est issu de l’utilisation des énergies fossiles8 et de la déforestation. Mais d’autres gaz contribuent également à l’élévation de la température au niveau planétaire : le méthane (CH4), issu principalement de l’agriculture (ruminants et culture du riz) ; le protoxyde d’azote (N2O), issu de l’épandage d’engrais azotés ; les gaz fluorés, utilisés notamment dans les systèmes de climatisation.
Les scientifiques observent que l’objectif de l’accord de Paris de 20159 (COP 2110), visant à maintenir le réchauffement global en-deçà de 1,5°C est désormais fortement compromis. Mais les scientifiques signalent dans le même temps que chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire se traduira par une forte augmentation des impacts. Autrement dit, plus l’élévation totale de température sera élevée, plus les conséquences pour la vie sur Terre seront catastrophiques. Ils nous invitent donc plus que jamais à l’action, quand bien-même l’objectif de 1,5°C semble presque impossible à atteindre.
C’est dans ce contexte d’urgence absolue, qu’il convient de situer la pertinence et l’importance de l’outil bilan GES11 ou Bilan Carbone®12.
Qu’est-ce que le bilan GES d’une entreprise ?
La finalité du bilan GES
Le bilan GES est une méthode pour mesurer la quantité de gaz à effet de serre émis, directement ou indirectement, par l’ensemble des activités d’une entreprise et élaborer un plan de réduction progressive de ses émissions.
Il s’inscrit dans le volet atténuation de la lutte contre le réchauffement climatique, c’est-à-dire qu’il porte sur la diminution de l’impact négatif de l’entreprise sur le climat.
Ainsi, contrairement à ce que son nom suggère, le bilan GES, n’est pas simplement un état des lieux, c’est avant tout un outil d’amélioration des performances environnementales de l’entreprise.
L’unité de mesure des émissions de GES
Chaque gaz à effet de serre a une durée de vie dans l’atmosphère et une influence sur le réchauffement global qui lui sont propres.
Un indicateur du pouvoir de réchauffement global des gaz à effet de serre a été créé afin de disposer d’un outil de mesure unique pour quantifier aisément l’impact climatique d’une structure donnée en prenant en compte l’ensemble des gaz à effet de serre émis. C’est indicateur est le Potentiel de Réchauffement Global13 (PRG).
Le Potentiel de Réchauffement Global est le rapport entre le pouvoir réchauffant (via l’effet de serre) du gaz considéré, pour une durée donnée, et le pouvoir réchauffant du CO2 pour cette même durée.
Le CO2 est donc pris comme étalon et son PRG est égal à 1 par convention.
A défaut de précision, la période de référence est prise à égale à 100 ans. C’est l’hypothèse retenue dans les bilans GES.
Le tableau ci-dessous indique la durée de séjour moyen dans l’atmosphère et la valeur du PRG à 100 ans de quelques gaz à effet de serre. Ces données sont extraites du 6ème rapport du GIEC, partie 1, chapitre 7 « The Earth’s Energy Budget, Climate Feedbacks and Climate Sensitivity ».
|
Gaz à effet de serre |
Formule |
Durée de séjour moyenne (ans) |
PRG à 100 ans |
|
Méthane |
CH4 |
11,8 |
27,9 |
|
Protoxyde d’azote |
N2O |
109 |
273 |
|
Dichlorodifluorométhane (CFC-12) |
CCl2F2 |
102 |
12 500 |
|
Chlorodifluorométhane (HCFC-22) |
CHClF2 |
11,9 |
1 960 |
|
Tétrafluorure de carbone |
CF4 |
50 000 |
7 380 |
|
Hexafluorure de soufre |
SF6 |
1 000 |
24 300 |
Comme vous pouvez le constater, certains gaz ont un PRG très élevé. Autrement dit, des quantités faibles d’émissions de ces gaz peuvent avoir un impact climatique très significatif. Réaliser un bilan GES, c’est bien réaliser un inventaire de l’ensemble des gaz à effet de serre émis, pas uniquement un décompte des émissions de carbone (CO2).
L’unité utilisée pour mesurer l’impact climatique d’une entreprise est la tonne de CO2e14 (« CO2 équivalent »). Pour un gaz à effet de serre donné, que nous proposons de noter G, le nombre de tonnes de CO2e générées par 1 tonne de ce gaz s’obtient simplement en utilisant le rapport PRG :
1 tonne de G = PRG tonnes de CO2e
Pour le CO2, nous avons naturellement :
1 tonne de CO2 = 1 tonne de CO2e
Les principes de la méthode
Lorsqu’on réalise un bilan GES, il convient de prendre en compte à la fois les émissions directes15 et les émissions indirectes16 générées par les activités de l’entreprise.
Ainsi, le décompte ne se limite pas aux seuls gaz à effet de serre émis par les actifs de l’entreprise (bâtiments, véhicules, équipements…). Il intègre également ceux qui proviennent de ses salariés, de ses sous-traitants, ceux qui ont été nécessaires à la fabrication des produits qu’elle achète, ceux qui ont été générés au moment de la construction des locaux qu’elle occupe, ceux qui résultent des transports amont et aval de marchandises, ceux qui sont liés aux déplacements des visiteurs, des clients ou même des consommateurs, etc.
Il s’agit donc de réaliser un inventaire aussi complet que possible.
Vous noterez que les mêmes émissions peuvent être comptabilisées dans plusieurs entreprises. C’est notamment le cas quand une entreprise fait appel à de la sous-traitance. Les émissions de l’activité sous-traitées sont intégrées à la fois dans le bilan GES de la société acheteuse et dans le bilan GES de la société qui délivre la prestation. Autrement dit, l’action d’externaliser une activité qui serait responsable de fortes émissions de GES, ne diminue pas nécessairement l’impact climatique de l’entreprise qui externalise. Il peut même l’aggraver s’il s’agit, par exemple, de délocaliser une production fortement consommatrice d’électricité dans un pays où le mix électrique est bien plus carboné.
La puissance de cette méthode réside dans le fait qu’elle conduit l’entreprise à identifier tous les leviers d’actions dont elle dispose pour réduire l’impact climatique global de ses activités. L’entreprise prend ainsi conscience que nombre des décisions qu’elle prend, dans sa politique de mobilité, dans ses achats, dans la conception de ses produits, dans ses investissements, etc., se traduisent directement par des émissions de GES plus ou moins importantes.
L’importance du plan de transition
Quand les dirigeants d’une entreprise font réaliser un premier bilan GES, ils ont souvent le premier réflexe de chercher à comparer le résultat obtenu à l’occasion du diagnostic avec les résultats d’entreprises du même secteur d’activité.
Bien sûr, l’un des aspects d’un bilan GES est de produire un chiffre exprimé en tCO2e mesurant l’impact climatique des activités de l’entreprise. Mais, l’intérêt premier de ce chiffre est de constituer une référence qui va être utile à l’entreprise elle-même pour entamer une transformation progressive de ses activités afin de les rendre compatibles avec un monde où la réduction des émissions de GES est une priorité.
Il est très difficile de comparer les résultats obtenus pour deux entreprises du même secteur, même en utilisant des ratios sur le volume de Chiffre d’Affaires, les effectifs ou la quantité des produits vendus. Les motifs d’écarts peuvent être multiples. Ils peuvent être liés, par exemple, à la situation géographique des entreprises, à des contraintes liées aux chaînes d’approvisionnement, à la composition de leur offre de produits et services. Autant, il est possible et légitime de comparer l’empreinte carbone de deux objets aux mêmes fonctionnalités. Autant, il est beaucoup plus compliqué et probablement vain, de comparer l’empreinte carbone de deux sociétés différentes, dès lors qu’elles n’ont pas exactement les mêmes caractéristiques fondamentales (activité absolument identique, tailles équivalentes, géographies comparables, chiffres d’affaires équivalents, mêmes types de clients, mêmes actifs, mêmes prestations externalisées, achats similaires…).
Considérer le bilan GES comme un simple exercice de comptabilisation des émissions carbone, c’est perdre de vue l’objectif principal du bilan GES, à savoir engager l’entreprise dans un plan de réductions de ses émissions de gaz à effet de serre.
La finalité du bilan GES est bel et bien de construire un plan de transition17 qui sera adapté à la situation spécifique de l’entreprise et qui fera sa force dans la lutte contre le changement climatique.
Loi, référentiel réglementaire et guides méthodologiques pour réaliser un bilan GES
Vocabulaire
Le « bilan des émissions de gaz à effet de serre » est l’expression consacrée dans la loi française pour désigner l’exercice qui consiste à faire un inventaire des émissions de gaz à effet de serre d’une personne morale de droit privé ou de droit public. Dans le présent article nous avons choisi de la simplifier en « bilan GES ». Elle est également souvent écrite sous la forme BEGES. Parfois, on lui adjoint le qualificatif de « réglementaire » ou « obligatoire » pour insister sur son caractère légal, et éventuellement impératif pour certaines structures.
L’expression Bilan Carbone® est une marque déposée par l’ABC (Association pour une Transition bas Carbone) qui désigne une méthodologie et un outil de comptabilisation des émissions GES. C’est l’outil de référence en France aujourd’hui.
L’expression « bilan carbone » est ambiguë car elle ne se rapporte ni à la méthode réglementaire bilan GES, ni à la méthode Bilan Carbone® de l’ABC. Même si cette expression est ancienne et pratiquement passée dans le langage courant, il est préférable de ne pas l’utiliser dans le cadre professionnel, car elle peut être source de confusion ou de mauvaise interprétation.
Cadre légal et réglementaire
Le dispositif des bilans d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES), est encadré par les articles L. 229-25 (partie législative) et R. 229-45 à 56 (partie réglementaire) du Code de l’environnement.
Il faut noter que le décret 2022-982 du 1er juillet 2022 a apporté deux modifications importantes : l’obligation de prendre en compte les émissions indirectes significatives (alors qu’auparavant seules les émissions scopes 1 & 2 étaient obligatoires) ; l’instauration du plan de transition.
Les principales dispositions à retenir sont les suivantes :
- Le bilan GES est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés ;
- Elles doivent joindre au bilan un plan de transition pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre présentant les objectifs, moyens et actions envisagés à cette fin et, le cas échéant, les actions mises en œuvre lors du précédent bilan ;
- Ce bilan d'émissions de gaz à effet de serre et ce plan de transition sont rendus publics (sur le site de l’ADEME ou dans le cadre du rapport de durabilité pour les entreprises assujetties à la directive CSRD) ;
- Le bilan GES doit être mis à jour au maximum tous les 4 ans ;
- Le bilan distingue les émissions directes produites par les sources fixes et mobiles nécessaires à la personne morale (scope 1) et les émissions indirectes significatives (scopes 2 et 3) qui découlent des opérations et activités de la personne morale ainsi que, le cas échéant, de l'usage des biens et services qu'elle produit ;
- Les manquements à l'établissement ou à la transmission du bilan des émissions de gaz à effet de serre peuvent être sanctionnés par l’autorité administrative d’une amende pouvant aller jusqu’à 50 000 € pour la première fois et jusqu’à 100 000 € en cas de récidive.
Guide méthodologique BEGES

La loi et la réglementation associée posent les principes et les attendus relatifs à la réalisation d’un bilan GES mais ne précisent pas les modalités méthodologiques à suivre.
Celles-ci sont décrites dans un document de référence, publié par le Ministère de la Transition Ecologique en collaboration avec l’ADEME18, nommé « Méthode pour la réalisation des bilans d’émissions de gaz à effet de serre ». Ce document se réfère explicitement à l’article L 229-25 du code de l’environnement et est cohérent avec la norme ISO 14064-1 :2018 ; il est évolutif ; la version actuellement en vigueur est la version 5, datant de juillet 2022.
La méthode et l’outil Bilan Carbone®

La méthode Bilan Carbone® qui a fortement inspiré le cadre réglementaire français constitue un référentiel plus complet. Créée en 2004 par Jean-Marc Jancovici pour le compte de l’ADEME, la méthode est développée depuis 2011 par l’association experte ABC (Association pour la transition Bas Carbone).
Réaliser un inventaire des émissions de gaz à effet de serre d’une entreprise, c’est manipuler un très grand nombre de données, des données propres à l’activité de l’entreprise, mais également des données de référence appelées facteurs d’émissions19. En France, la principale source de facteurs d’émissions, libre d’accès, est la base Empreinte®20 de l’ADEME.
En théorie, une entreprise peut réaliser son bilan GES, en utilisant uniquement le guide méthodologique du Ministère de la Transition Ecologique et de l’ADEME, et les facteurs d’émissions extraits de la base Empreinte®. En pratique, il est nécessaire de se doter d’un outil.
Précisément, l’ABC propose l’outil Bilan Carbone® qui est au cœur de sa méthode. Il est bâti autour des facteurs d’émissions de la base Empreinte® et est disponible sous deux formes : une version Excel et une version plateforme numérique.
Le Bilan Carbone® est l’outil de référence, et certainement l’outil le plus utilisé, pour procéder à un inventaire des émissions de gaz à effet de serre conforme à la méthode bilan GES. L’utilisation de cet outil est accessible à toute personne formée et dont la société est adhérente de l’association. Il évolue en permanence pour intégrer les dernières évolutions méthodologiques et les nouveaux facteurs d’émissions de la base Empreinte®. La version actuellement en vigueur est la V9.
Les résultats peuvent être présentés selon le format propre à la méthode Bilan Carbone®, selon le format bilan GES réglementaire, mais également selon d’autres référentiels tels que le GHG Protocol22 ou l’ISO 1406423.
D’autres outils, développés par des acteurs privés, proposent un service similaire. Ceux dont la conformité à la méthode Bilan Carbone® a été vérifié par audit sont listés sur le site de l’ABC.
La démarche à suivre pour réaliser un bilan GES utile pour l’entreprise
Les objectifs du bilan GES
Au regard du référentiel légal et réglementaire, un bilan GES, comprend nécessairement au minimum deux objectifs : l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre et la construction du plan de transition.
Mais, il est très important d’ajouter également l’objectif de sensibilisation et de montée en compétences. Même s’il ne s’agit pas d’un premier bilan GES, il est utile de rappeler l’état des connaissances concernant la question climatique, de remettre en perspective l’intérêt de l’exercice, d’aligner le niveau de compréhension des enjeux dans les équipes de l’entreprise idéalement en mobilisant la direction.
En synthèse, un projet bilan GES complet doit répondre à 3 objectifs clés :
- La sensibilisation ;
- L’inventaire des émissions de gaz à effet de serre ;
- La construction du plan de transition.
Les étapes proposées par la méthode Bilan Carbone®

Les nécessaires interactions entre le consultant climat et l’entreprise
Comme nous l’avons expliqué auparavant, un bilan GES, ce n’est pas purement un exercice comptable. Quel que soit l’outil utilisé, la dimension humaine de l’accompagnement est absolument cruciale non seulement pour éviter les erreurs ou les oublis dans la phase de collecte de données, mais également pour que l’entreprise puisse pleinement tirer profit de cette analyse, aussi bien en termes de compréhension des mutations en marche, de prise en compte de ses spécificités et de valorisation des résultats obtenus dans la construction d’une trajectoire de décarbonation à la fois ambitieuse, réaliste et adaptée à son contexte propre. Tout cela ne peut être atteint par le simple truchement d’un outil, aussi performant et plaisant soit-il.
Au sein d’Enooia, nous considérons que 2 rendez-vous, au minimum, doivent être réalisés en présentiel, dans les bureaux de l’entreprise.
Le bilan GES au service de la stratégie de l’entreprise
Pour beaucoup d’entreprises, la réalisation du premier bilan GES répond soit à une obligation réglementaire soit à une demande nouvelle émanant du marché (clients, clause d’appels d’offres, consommateurs, etc.). C’est donc plutôt sous la pression d’une contrainte extérieure que le projet est engagé.
Mais le bilan GES peut être bien plus qu’un exercice convenu réalisé pour se conformer à une demande exogène. Le bilan GES c’est une occasion pour l’entreprise d’identifier ses principales sources d’émissions, d’évaluer ses risques, d’anticiper les contraintes à venir, de commencer à toucher du doigt les concepts de résilience21 et d’adaptation.
C’est à la fois une condition et une opportunité pour commencer à intégrer l’enjeu climatique dans les réflexions stratégiques de l’entreprise.
Glossaire (mots en bleu dans l’article)
1. GIEC – en anglais, Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC)
« Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. »
2. Risques climatiques
Ensemble des risques résultant de la modification du climat planétaire. Ces risques sont classés selon deux familles : les risques physiques et les risques de transition. Les premiers résultent de l’exposition à des phénomènes physiques qui proviennent d’une modification graduelle mais irréversible de certains paramètres climatiques (par exemple, augmentation du nombre de jours de forte chaleur, réduction des précipitations…) ou de l’exposition à des phénomènes extrêmes dont la fréquence et/ou l’intensité augmente(nt). Les seconds proviennent des mesures prises pour endiguer le réchauffement climatique (évolution de la réglementation, tensions nouvelles sur certains matériaux, apparition de nouvelles technologies, modification du comportement des consommateurs…).
3. Adaptation
Démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences. (ISO 14090).
4. Atténuation
L’ensemble des actions visant à limiter l’ampleur du réchauffement planétaire lié aux activités humaines.
5. Température moyenne à la surface de la planète
A l’heure actuelle, la température moyenne à la surface de la planète est de 15°C.
6. Effet de serre
L’effet de serre est un phénomène naturel. Une partie du rayonnement infrarouge émis à la surface de la terre est absorbé par des gaz présents dans l’atmosphère. Le rayonnement réémis par ces gaz apporte un supplément d’énergie qui vient s’ajouter à l’énergie provenant des rayons solaires qui traversent l’atmosphère. Sans l’effet de serre, la température moyenne à la surface de la Terre serait inférieure de 33°C ce qui interdirait toute forme de vie. La modification de l’atmosphère par l’augmentation de certains gaz conduit à déséquilibrer le système en augmentant la quantité d’énergie reçue à la surface de la planète, générant plusieurs changements dans le système climatique globale, et notamment un accroissement de la température moyenne des océans, la fonte des glaces, l’augmentation de la température à la surface des terres, etc.
7. Anthropique
Qui est le résultat de l’activité humaine. (définition du Robert).
8. Energies fossiles
Les énergies fossiles sont le charbon, le pétrole et le gaz.
9. Accord de Paris de 2015
Cette expression désigne l’Accord adopté, à l’occasion de la COP 21, à l’unanimité des 195 pays présents à Paris, visant à limiter le réchauffement climatique en 2100 à 2°C et même si possible à 1,5°C par rapport à la période préindustrielle (1850).
10. COP 21
En 1992, au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, 154 pays adoptent la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui appelle les pays à agir pour stabiliser la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et prévoit la tenue régulière de conférences internationales pour le climat, nommées COP (Conference of the Parties). La COP 21 est la 21ème du nom. Elle s’est tenue à Paris en 2015.
11. Bilan GES
Abréviation de « bilan d’émissions de gaz à effet de serre ».
12. Bilan Carbone®
Méthode développée et diffusée par l’association ABC pour réaliser la phase diagnostic du bilan GES.
13. Potentiel de Réchauffement global (PRG)
C’est le rapport entre le pouvoir réchauffant (via l’effet de serre) d’un gaz considéré, pour une durée donnée, et le pouvoir réchauffant du CO2 pour cette même durée. Par convention, le PRG du CO2 est donc pris égal à 1.
14. Tonne de CO2e
C’est l’unité de mesure universelle adoptée pour caractériser l’impact climatique d’une activité ou d’une structure donnée, quel que soit la nature du gaz à effet de serre qui en est à l’origine.
15. Emissions directes
Emissions de gaz à effet de serre provenant de sources fixes ou mobiles contrôlées par l’entreprise étudiée.
16. Emissions indirectes
Emissions de gaz à effet de serre provenant de sources non contrôlées par l’entreprise étudiée, mais qui sont nécessaires à son activité ou qui en découlent.
17. Plan de transition
Ce sont les termes retenus dans le Code de l’Environnement pour désigner un plan de réductions des émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre d’une entreprise.
18. ADEME
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie est un EPIC qui a été créé en 1991. Elle se présente également comme l’Agence de la transition écologique. L’ADEME participe à la construction des politiques nationales et locales de transition écologique. Pour cela, elle s’appuie sur des équipes, présentes sur tout le territoire français, et sur un budget dédié à ses moyens d’intervention. Ses missions, son organisation et son fonctionnement sont fixés par le Code de l’environnement.
19. Facteur d’émission
Facteur rapportant les données d’activité aux émissions ou suppressions de gaz à effet de serre. C’est une grandeur qui s’exprime en kgCO2e ou tCO2e par unité de mesure de l’activité considérée.
20. Base Empreinte®
C’est la base de données publique officielle de facteurs d'émission et de jeux de données d'inventaire nécessaires à la réalisation d'exercices de comptabilité carbone des organisations et d'affichage environnemental des produits et services de grande consommation.
La Base Empreinte® est une fusion des anciennes bases de données Base Carbone® et Base IMPACTS®. Cette base unique permet de centraliser les données d'impacts environnementaux de procédés similaires, qu'ils soient employés en monocritère GES (émissions de gaz à effet de serre) ou en multi-critères (consommation d'eau, pollution de l'air, occupation des sols, utilisation de ressources, etc.).
21. Résilience
Définition, appliquée au contexte du réchauffement climatique, donnée par le GIEC dans son glossaire : « Capacité des systèmes sociaux, économiques ou environnementaux à faire face à une perturbation, une tendance ou un événement dangereux, leur permettant d’y réagir ou de se réorganiser de façon à conserver leur fonction essentielle, leur identité et leur structure, tout en gardant leurs facultés d’adaptation, d’apprentissage et de transformation ».
22. GHG Protocol (Greenhous Gas Protocol)
Standard méthodologique élaboré par WRI (World Resources Institute) et WBCSD (World Business Council for Sustainable Development).
23. ISO 14064
Spécifications et lignes directrices, au niveau des organismes, pour la quantification et la déclaration des émissions et des suppressions des gaz à effet de serre (Norme ISO 14064-1 ). Spécifications et lignes directrices, au niveau des projets, pour la quantification, la surveillance et la rédaction de rapports sur les réductions d’émissions et ou les accroissements de suppressions des gaz à effet de serre (Norme ISO 14064-2 ).
Liens externes
-
Site Internet du GIEC : https ://www.ipcc.ch/about/
-
Site Internet Ministère de la Transition Ecologique : https://www.ecologie.gouv.fr/
-
Site Internet de l'ABC : https://abc-transitionbascarbone.fr/
-
Site Internet de la méthode Bilan Carbone®: https://www.bilancarbone-methode.com
-
Site Internet ADEME bilan GES : https://bilans-ges.ademe.fr/
-
Site Internet Base Empreinte® : https://base-empreinte.ademe.fr/

Philippe Lauret
Président
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